Edito n°179 :  » le changement en marche « 

Le marché serait-il devenu fou? Depuis quelque temps déjà, il en donne en tout cas l’impression, avec des symptômes bien marqués. Tant les industriels que les artisans ne savent plus vers quelles voies se diriger, alors qu’il y a à peine une petite dizaine d’années, chacun se cantonnait dans ses propres jardins, et s’en sortait plutôt pas mal. Avec l’arrivée de la résine chinoise, les « codes » ont été totalement bousculés… et les fabricants ont perdu leurs repères. Mais en s’engouffrant tête baissée dans cette direction, ils ont eux-mêmes accentué les confusions naissantes chez les collectionneurs. Puis les « séries presse », les multiplications des variantes et le développement des grandes échelles plus ou moins abordables ont « fini le travail » : les collectionneurs ne savaient plus à quels saints se vouer ! Désormais, les fabricants ne sont nullement assurés de « faire un carton » avec tel ou tel modèle. Ce qui n’était pas le cas lors de la grande époque du zamak et du white metal tout puissants. Les collectionneurs sont indubitablement plus « intermittents » dans leurs choix et fonctionnent de plus en plus selon des coups de cœur. Hausse des prix oblige aussi… L’hégémonie du 1/43e est révolue, et on en veut pour preuve le marché florissant des grandes échelles, notamment le 1/12e. Qui disait que le manque de place se faisait sentir dans les vitrines ? Une 1/18e ou une 1/12e, même sans parties ouvrantes, en résine, à moins de 100 €, bien faite et réaliste, comment y résister ? Le temps de la Dinky Toys mensuelle, que l’on attendait fébrilement, a été mis aux oubliettes. La faute aux fabricants, avec leur politique de surproduction, mais aussi aux collectionneurs qui ont bien volontiers alimenté cette frénésieboulimique.Mais,lacriseaidant,lestempsont changé, et ça, personne ne pouvait le prévoir. Du coup, tout un chacun, fabricants comme collectionneurs, est dans l’obligation de faire des choix. D’axes de production pour les premiers, et d’achats pour les seconds. Les collectionneurs, devenus en l’espace de quelques années des consommateurs, semblent revenir sur la voie de l’essentiel. Comme s’ils retrouvaient tous leurs sens. S’ils tournent le dos aux « variantes », ils obligeront les fabricants à se creuser la tête, car, ne l’oublions pas, le nombre des oubliées de l’histoire est important dans la longue lignée des miniatures. Un nouveau changement est peut-être en marche.
Alan Geslin

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